Environnement historique

Redevances – corvées – dîmes – impôts

En cette

Butz - la chapelle fortifiée

Butz – la chapelle fortifiée

époque de féodalité, les paysans d’Etrépigny et Balaives sont soumis aux redevances et corvées qu’exigent les seigneurs des lieux, à la dîme que se partagent par moitié le curé et l’abbaye d’Elan, aux impôts royaux, aux misères dues aux passages de nombreuses armées qu’il faut approvisionner ou de mercenaires en quête d’embauches successives qui pillent et rançonnent, car nous sommes, sous Louis XIV, en des temps de guerres incessantes.

 Guerres de Louis XIV

 

Balaives - le château

Balaives – le château

Ces guerres se déroulent souvent à quelques kilomètres seulement des Ardennes, voire dans les Ardennes**, qui servent souvent de base arrière avec renforts de troupes. Les armées y passent et repassent pour aller combattre d’Alsace à Dunkerque (guerres de Dévolution 1667-1668, de Hollande 1672-1679, de la Ligue d’Augsbourg 1688-1697, de Succession d’Espagne 1701-1714). Si l’on ajoute la guerre de la Quadruple Alliance (1718-1720) qui se déroule dans le sud de la France mais dont les dépenses, comme pour les autres, sont payées par le peuple et donc ruinent le pays, inutile de dire dans quel état de misère se retrouve le peuple des campagnes ardennaises.

Antécédents historiques dans la région

 Pour prendre conscience du sentiment de peur et de précarité qui aggraveButz - la chapelle fortifiée encore la misère dans les campagnes à l’époque, rappelons quelques faits guerriers de quelques décennies en arrière mais qui ont laissé des traces profondes dans la mémoire collective des habitants : mises à sac d’Etrépigny en 1589 et de Balaives en 1653 au cours des quelles les deux villages sont

Elan - le logis abbatial, 16ème siècle

Elan – le logis abbatial, 16ème siècle

presque entièrement ruinés, campement, à 4 km seulement d’Etrépigny, des troupes du prince de Sedan (et espagnoles) fortes de 10 000 hommes après sa victoire de la Marfée en 1641 sur l’armée de Richelieu, troupes qu’il faut entretenir (ses mercenaires seront d’ailleurs envoyés piller entièrement l’abbaye d’Élan pour solde de tout compte,

 la bataille de Rocroi en 1643 à 35 km qui fait 10 000 morts,autant de blessés et de nombreux fuyards qui hanteront les forêts (les habitants d’Etrépigny verseront d’ailleurs durant plusieurs années un tribut à Rocroi).

 

Petit âge glaciaire

 A ce tableau tragique, il faut ajouter le grand froid et les saisons perturbées régnant en cette période dite du « petit âge glaciaire », particulièrement en 1704, 1708, 1709, qui génèrent des famines, les maladies et les épidémies (peste, fièvre pourpreuse, …) qui déciment la population, les loups fort nombreux, … il n’est pas difficile donc de s’imaginer l’état de misère, tout aussi bien physique que matériel et psychologique, dans lequel vivent les villageois durant presque un siècle.