Environnement religieux

L'archevêque de Reims Charles Maurice Le Tellier chargé de la transition du protestantisme au catholicisme à Sedan

L’archevêque de Reims Charles Maurice Le Tellier chargé de la transition du protestantisme au catholicisme à Sedan

 

Révocation de l’Édit de Nantes

A l’époque de Meslier, la principauté protestante de Sedan vient de disparaître et bien après la révocation de l’Edit de Nantes, Louis XIV relance en 1698 à travers tout le pays, et bien sûr à Sedan, une nouvelle traque des protestants. Alors va commencer dans l’ancienne principauté et ses 21 villages un cortège d’interdictions de pratiquer ce culte et d’exercer certaines charges et professions, d’abjurations sous la contrainte souvent mentale mais quelques fois physique, de confiscations de biens, d’expatriations, de bannissements, d’envois au bagne ou aux galères, d’envois de femmes dans des couvents. Jusqu’en 1724, le tribunal de Metz prononce à l’encontre de protestants des sentences par pendaison.

 Par la puissance royale et celle de l’archevêché, toutes les institutions protestantes (collège, académie) sont remplacées par des institutions catholiques dirigées par les jésuites (collège et séminaire annexe de celui de Reims, congrégations religieuses). Ces méfaits Meslier, à 10 km de là, les vit en direct.

 Jansénisme

De plus, de nombreux prêtres ardennais, formés aux thèses jansénistes enseignées jusqu’en 1710 au séminaire de Reims, se rebellent après la mise en application de la bulle Unigenitus, d’autant que le nouvel archevêque de Reims, de Mailly, issu de la haute  noblesse, jésuite farouche et ambitieux, tente autoritairement de les mettre au pas. A noter que Meslier ne participera pas à cette fronde, lui, l’athée, mais percevra tout le ridicule de cette querelle religieuse.

Il faut noter que les Ardennes, par ses nombreuses abbayes jansénistes, notamment celle de Mouzon* dont les propriétés s’étalaient sur les trois évêchés (Reims, Liège et Trèves) et qui possédait des prieurés à 3 et 5 km d’Etrépigny , sont également la voie de passage la plus pratiquée pour tous les ouvrages interdits, clandestins, édités en Hollande et dispatchés vers la Lorraine, la Champagne et Paris.

 

* Mouzon : autre place forte à 10 km à l’est de Sedan a été prise par CharlesV de Lorraine en 1677 puis reprise aussitôt. En 1711, Impériaux et Hollandais y tentent un coup de main sans succès. Comment réagissent les armées vaincues qui se retirent dans les villages qu’elles traversent ensuite ? Son abbaye du temps de Meslier était florissante et réputée par son impressionnante bibliothèque avec plus de 2000 livres.